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MMAAA : GSP en fait une affaire personnelle
le 30 novembre 2016 à 22:46
MMAAA : GSP en fait une affaire personnelle
Le Québécois Georges St-Pierre a participé mercredi à l’annonce officielle de la mise sur pied d’une association de combattants. L'organisation porte le nom de « Mixed Martial Arts Athletes Association », ou MMAAA. En plus de St-Pierre, les anciens champions de l'UFC Cain Velasquez et T.J. Dillashaw, de même que Donald Cerrone et Tim Kennedy, ont pris parole lors d'une conférence de presse à ce sujet. Kennedy a été l'un des plus vocaux. « Si vous m’aviez dit en 2001 que 15 ans plus tard l’UFC vaudrait 4 milliards de dollars, je ne vous aurais pas cru, a déclaré le vétéran de 37 ans, qui sera en action à l'UFC 206 à Toronto le 10 décembre. Si vous m’aviez dit qu’on atteindrait ce niveau de succès, j’aurais espéré que ça se passe différent. Ce sont nous qui remplissons les salles, qui générons tous ces profits avec la télévision à la carte. Ces gars qui m’entourent, qui luttent dans l’octogone, qui acceptent des combats de dernière minute, qui engendrent des centaines de millions de dollars en commandites, méritent leur juste part. Méritent d’être protégés quand les choses vont mal, quand on se blesse, quand on se retire, quand on subit des dommages. » Deux facteurs pourraient jouer en faveur de St-Pierre et son groupe. D'une part, sa présence, ainsi que celle d'autres combattants vedettes comme celles mentionnées précédemment donnent de la crédibilité au mouvement. D'autre part, il semble qu'une certaine grogne se soit installée depuis l'achat de l'UFC par la firme WME-IMG. Les nouveaux patrons dirigent l'entreprise de façon beaucoup plus stricte sur le plan financier, ce qui a ravivé le désir de plusieurs de se syndiquer.  « Ce système à sens unique que l’UFC a implanté, a fait duré pendant plusieurs années et qui demeure sous la nouvelle direction doit changer immédiatement. Nous aimons ce sport, nous aimons nous battre, nous acceptons les risques en toute connaissance de cause, mais dans ce système, la majorité des combattants sont laissés pour contre. Certains vont se retrouver sans aucune économie, sans assurance, sans pension, sans aucun filet de sécurité. En contrepartie, ils vont devoir composer avec les conséquences d’avoir combattu pendant des années; leurs mains, genoux, hanches, épaules, mais plus important encore, leur cerveau. « Ce sera gros et nous allons changer le visage de ce sport pour toujours dès aujourd’hui. » Dans le cas de GSP, il dit en faire une affaire personnelle. « Mon but quand je compétitionnais à l’UFC, c’était d’être connu comme le meilleur combattant, mais aussi comme celui qui a fait une différence dans le sport. Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour parler d’un problème, de plusieurs problèmes, qui regroupent tous les combattants de l’UFC. Un peu comme quand je suis sorti public avec le problème des drogues de performance, au début l’UFC a ri de moi, mais après on a vu les choses changer et ils ont pris le problème au sérieux. Ça ne me dérange pas de paraître un peu comme le vilain à leurs yeux et de parler des problèmes qu’on a. Aujourd’hui, les combattants ont peur de se faire intimider par l’UFC en disant ce qu’ils pensent, ils ont peur aussi de se retirer ou de se faire rejeter sans argent, avec des problèmes physiques et mentaux au niveau du cerveau, avec des commotions cérébrales, sans assurance et des soins pour le reste de leur vie. Si je suis ici, c’est pour essayer d’améliorer la condition de l’UFC. C’est quelque chose qui me tient à cœur énormément. Peut-être que je vais me battre à nouveau dans l’UFC, ou non, mais une chose est sûre, je vais faire de l’association des combattants mon combat personnel pour rendre la vie meilleure à ces combattants, autant ceux d’hier qu’aujourd’hui. » Le Québécois a voulu faire un parallèle avec les autres sports à travers la planète, soulignant qu'il est très difficile pour un combattant de vivre dans les conditions actuelles. « Quand j’ai commencé mon premier combat UFC, j’avais trois jobs et aussi j’étais à l’école, à l’université. Je sais de quoi je parle. Je ne suis pas né riche et j’ai travaillé fort pour arriver où j’en suis. Ce que j’essaie de faire, ç’a été fait dans tous les autres sports; au hockey, au baseball, au basketball. […] Aujourd’hui, les joueurs dans les équipes professionnelles ne se font pas exploiter parce qu’ils ont une association qui est là pour se battre pour le meilleur de leurs intérêts. » L'un des combattants les plus populaires de l'organisation, « Cowboy » Cerrone, a lui aussi mentionné le climat de peur qui entoure ses confrères et consoeurs quand vient le temps de faire valoir leurs opinions. « Il y a quelques années, je n’aurais pas osé parler car j’aurais eu peur que l’UFC me mette de côté ou me libère. C’est une crainte que d’autres ont. Je suis heureux aujourd’hui de parler en étant entouré de tous ces champions, de ces gars qui sont dans le sport depuis longtemps. Il faut se faire entendre en ce qui a trait à la santé, au fond de pension, à ce qu’on peut faire. Il y a tellement de questions auxquelles j’ai besoin de réponses. Je suis aussi ici pour apprendre, je ne sais pas dans quoi je m’embarque. Je suis là pour représenter les 500 combattants de l’organisation et pour leur faire savoir que Cowboy est là pour faire bouger les choses. » Les combattants sondés par RDS se sont montrés en faveur d'une association et souhaitent tous que leurs conditions de travail s'améliorent. Toutefois, ils sont d'avis que le défi sera de taille puisque l'UFC dispose de moyens financiers importants et pourrait faire tout en son pouvoir afin d'empêcher la création d'une association de travailleurs. Durant le processus, Bjorn Rebney, fondateur et ancien dirigeant chez Bellator, apportera son aide grâce à son expertise dans le milieu. « Mon rôle repose sur la stratégie, le support. Je suis un conseiller, mais les décisions seront prises par les combattants », précise-t-il. « Le but suprême est de mettre en place une convention collective qui va adresser plusieurs problèmes, qui couvrira le fond de pension, les assurances, les compensations en cas de blessures... Comparons avec le baseball. Si tu signes un contrat de quatre ans d'une valeur de 20 millions $ au baseball, et que tu te blesses le jour 2, tu seras quand même payé. Si tu te bats dans une cage à l’UFC et que tu te blesses un jour avant le combat, tu ne reçois rien. » Rebney a par ailleurs souligné qu'il faut s'attendre à ce que plusieurs autres combattants joignent publiquement leur voix au mouvement à la suite de cette annonce majeure.

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